Chroniques

Esme

Sa main tendue, son regard chargé d’une promesse d’avenir… étaient un poison. Une menace de me démanteler physiquement, de me fracasser moralement. Pourtant, je la saisis les yeux fermés, et le laissai me guider à travers notre sinueuse destinée.

La gringa, c’est ainsi qu’ils m’appelaient dans le quartier. Pestiférée, je n’avais que douze ans et mes perspectives d’avenir étaient nulles, jusqu’à ma rencontre avec lui.

Abain m’a sauvée, Abain a fait naître non seulement l’espoir, mais la passion en moi. Nous étions inséparables, il était ma moitié, d’amour et d’amitié, ma raison quand j’égarais la mienne, me rattrapait au bord de ces gouffres où, par sa faute, je manquais de déraper. Sa main tendue, son regard chargé de promesses d’un futur meilleur étaient en réalité… un poison.

Je l’ai compris lorsque sans aucune explication, il a disparu de ma vie. Quand je l’ai aperçu des années plus tard, ce jour d’été, sur mon lieu de travail, subissant la brûlure de son indifférence.
Pourquoi m’a-t-il abandonnée ? Pourquoi revenir ainsi dans ma vie ? Et, bon sang, qui est cette femme avec lui ?

Ne subsistent plus que des interrogations qui me feront sombrer dans une tortueuse tragédie.

Farah Anah fait partie de mes auteures préférées, et c’est pourquoi je tenais à lire Esme, également attirée par le résumé et la couverture.

Le roman débute à SynderDale, avec Esmé, âgée de seulement douze ans. La vie n’est pas facile pour cette petite entourée de violence, sans amour et sans aide, rejetée par les enfants de son âge.

Elle va rencontrer Abain, de quatre ans son aîné, qui vient d’emménager dans le quartier avec sa famille. Il va être ce soutien, cette confiance, puis cet amour qu’il manquait à la jeune fille, lui permettant de s’épanouir dans une bulle, hors de son foyer néfaste.

Les chapitres évoluent à différents âges de notre protagoniste, nous dévoilant de plus en plus le déroulement de sa vie jusqu’à aujourd’hui ainsi que le présent. Chaque chapitre lu nous oblige à découvrir le suivant pour continuer de reconstruire leur histoire troublante et intriguante.

Et soudain, la réapparition d’Abain, après une disparition de six années où nous découvrons une Esméralda détruite, autant enfermée physiquement que mentalement.

Le savoir est une arme, ne l’oublie jamais. Si un jour on te veut du mal, c’est ce qu’il y a là-dedans qui sera le plus efficace pour te sortir de la merde.

La plume de Farah est épatante dans les émotions d’Esmé. Nous ressentons tout avec autant de puissance que la jeune femme, allant de l’effarement, à la trahison, la colère ou encore le désir brûlant. Celui qui peut vous consumer jusqu’à la mort et va pousser Esméralda à prendre toutes les miettes que peut lui donner Abain. L’attirance entre Abain et Esmé les consume jusqu’à l’os.

Abain reste un mystère. Il est déconcertant et perturbant… Je l’ai souvent insulté, j’ai même fait une menace pas très élégante sur ses bijoux de famille à l’auteure et, malheureusement pour lui, la sentence va tomber. Je dois juste lui mettre la main dessus.

La fin de ce premier tome est absolument excellente et j’ai hâte de découvrir le tome 2 que je commence tout de suite, amenant des points de vue d’Abain.

Esme et Abain en un mot ? Frustration ! Mais de la bonne frustration qui nous pousse toujours à tourner les pages pour mettre tous leurs secrets à nu.

Édité chez Black Ink

J’étais certaine de pouvoir me contenter de cette situation, que je n’avais pas besoin de le toucher ou d’être amoureuse pour l’aimer vraiment. Je me fourvoyais.

Avec la chute du tome 1, j’avais plus que hâte de me plonger dans ce tome 2 et je n’ai pas été déçue. Je ne peux pas faire une chronique aussi détaillée que pour le tome 1, elle comporterait trop de spoilers et vous devez lire toutes les surprises que vous réserve l’auteure.

Ce tome 2 est rempli de révélations, de rebondissements et d’émotions puissantes décrites pas la magnifique plume de Farah Anah. Je me suis encore plus attachée à Esme et Abain. Leur histoire m’a touchée, attristée. Leur force et leur relation fusionnelle sont magnifique.

Et si le destin refusait de nous voir ensemble ? Si ses rouages dysfonctionnaient dès lors que nous nous retrouvions, semant de nouvelles embuches sur les chemins qui nous rapprochent, de nouveaux drames pour nous fracasser toujours un peu plus. Jusqu’à ce que l’un de nous craque.

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